yakker a écrit :Plus les règles deviennent absurdes, plus l'autorité de ceux qui les érigent s'affaiblit. Le droit (contrairement au pouvoir) de nous empêcher de naviguer est une croyance et ce droit n'existe que si l'on y croit tous. Protester ce genre de règle, c'est accepter le droit de nous imposer des choses absurdes. Je ne proteste ni ne reconnaît les lois sur les licornes; je les ignore.
Avec chaque nouvel règle qui ne semble avoir d'explication rationnel que dans le lobbying, suivre les règles par respect d'un système majoritairement juste et égalitaire se transforme en suivre les règles par crainte des représailles d'un système dysfonctionnelle. Malheureusement, plus on le nourri, plus il devient dur de le remettre à sa place; c'est pour ça que l'on a une croissance exponentiel d'absurdités. Je navigue dans le respect de mon environnement. Si il y a des études qui démontrent catégoriquement que la pratique nuit aux poissons, je l’accepterai. En attendant, je continuerai à naviguer tant que j'en aie la capacité.
Les gens préfèrent les poisons sauvages aux kayakistes et je les comprends. Si il faut protester quelque chose, protestons le lobbying ou plutôt la facilité de nos élus à les donner priorité malgré la science- on se trouverait sûrement beaucoup plus d'alliés.
Bonsoir,
Nous partageons un espace commun avec d'autres utilisateurs :
- les propriétaires riverains
- les exploitants de barrages hydroélectriques
- la marine fluviale
- les pêcheurs
- les associations de défense de l'environnement
- les autres activités nautiques (aviron, ski nautique, jet-ski...)
- etc...
et puis l'Etat, propriétaire des cours d'eau domaniaux mais aussi responsable de l'utilisation qui est faite de l'usage de l'eau.
L'Etat délégue à VNF (autre utilisateur au final) la gestion du réseau des voies navigables. Et l'Etat est donc compétent pour faire appliquer des règlementations sur l'usage de l'eau, en respectant les textes de loi imposés par le législateur (ce qui n'est d'ailleurs pas toujours le cas...). Sans aucune règlementation, il faut être un doux rêveur, ou un virulent anarchiste, pour imaginer que ça puisse marcher. Comme rappelé ci-dessus nous ne sommes pas les seuls utilisateurs de l'eau...
Au niveau local, les préfets, représentants de l'Etat, ont dans leur attribution de faire appliquer les politiques publiques et en conséquence une mission de maintien de l'ordre public et de la sécurité des biens et des personnes.
Il ne sert à rien de dire :
"Le droit (contrairement au pouvoir) de nous empêcher de naviguer est une croyance et ce droit n'existe que si l'on y croit tous"
car les Arrêtés Préfectoraux qui sont actuellement mis en place ont le pouvoir de t'interdire de naviguer (et d'ailleurs la Police Fluviale, mais aussi les représentants de la force publique, les Maires peuvent très bien intervenir pour faire appliquer ces interdictions, te verbaliser et te faire quitter la rivière).
En revanche, lorsque ces Arrêtés Préfectoraux ou Municipaux contreviennent à la Loi, nous avons toujours la possibilité de les contester et de faire des recours devant la Justice, mais là c'est devant les tribunaux et pas sur le bord de la rivière. C'est beaucoup plus long...
Autre chose, si interdiction il y a, les autres usagers (pêcheurs, riverains, Maires...) sont en droit de contester ta présence sur le cours d'eau... et donc la possibilité de faire intervenir les autorités chargées de la force publique. Pour exemple, en 2014 j'ai été confronté 3 ou 4 fois à des riverains ou des pêcheurs qui voulaient m'interdire de naviguer. Heureusement à chaque fois, j'étais dans mon bon droit. Je n'aurais pas apprécié d'être dans la situation contraire. A présent, avec certains arrêtés préfectoraux, qui concernent le site même où s'entraine mon club, il s'avère que nous sommes en infraction. Si le représentant de la pêche local demande aux autorités de faire appliquer cette interdiction, on fait quoi ?
Le vrai problème, c'est que les préfets (ou VNF chargé du dossier) ont fait, souvent pour des raisons de sécurité, une lecture très "rigide" du texte général sur la réglementation fluviale. Les préfets devaient également statuer sur tous les ouvrages des cours d'eau et établir une signalisation relative au franchissement de ces ouvrages en canoë-kayak notamment. Bien souvent, cela n'a pas été fait, et ils préfèrent finalement mettre une interdiction globale sur l'ensemble des ouvrages (ce qui au passage est excessif, et donc contraire à la loi).
La plupart du temps, le RPP a été fait dans l'urgence, sans concertation de l'ensemble des usagers. Dans certains départements on se rend compte qu'il y a eu une certaine concertation avec prise en compte des différents usages de l'eau, dans d'autres départements, pas du tout.
C'est la raison pour laquelle il y a à présent un énorme boulot pour contester les RPP (d'autant que la plupart du temps, le délai de recours est échu, ce qui va encore compliquer la tâche).
...et là il ne s'agit pas de "nourrir le système" mais bel et bien de le contester.
Eaux-vivement vôtre.
DS54