D'abord en photo:
Le filtre polarisant ne changera strictement rien, puisqu'il ne s'agit pas d'un reflet sur une eau calme (pour lequel le polarisant peut marcher), mais le soleil qui éclaire très fortement une surface blanche (eau vive). Au contraire, il va te "prendre" un ou deux diaphs et t'obliger à descendre en vitesse (ce qui n'est pas top du tout en photo d'eau vive).
Le problème vient de la modeste latitude d'exposition de ta surface sensible (c'est à dire, en gros, sa capacité à retranscrire à la fois les détails dans les ombres et dans les hautes lumières). Par nature, les films négatifs de sensibilité moyenne à haute (400 à 800 iso) présentent une latitude d'exposition beaucoup plus étendue que les films diapo - c'est d'ailleurs pour cela qu'ils équipent tous les jetables qui n'ont aucun système de mesure de l'exposition: le film encaisse pratiquement tout.
En photo numérique, certains capteurs présentent des latitudes d'exposition bien supérieures à celles des films, mais ils n'équipent pas forcément les appareils premiers prix.
Ensuite, au niveau exposition, tout est affaire de compromis : qu'est ce qui est important sur ma photo ? Le paysage derrière la rivière ? Le village d'Estaing en arrière plan de la vague ? Ou au contraire, c'est la vague, avec ses gerbes d'eau, ses remous, etc. ? Il faut à ce moment là faire la mesure sur ce que tu privilégies, en espérant que l'écart d'exposition avec le reste cadré soit encaissé par le film.
Pour des sujets rapprochés, il y a l'astuce du flash en "fill in", par exemple pour que le visage d'un kayakiste ne soit pas tout noir alors que le kayak et l'eau sont bien exposés. Le coup de flash va resserer l'écart de luminosité entre l'eau blanche le visage dans l'ombre (mais ca ne marche que pour les sujets très proches).
Sinon, autre possibilité, les filtres "dégradé gris neutre". C'est un filtre qui va te faire perdre 1, 2 ou 3 diaphragmes, mais seulement sur une partie de ton image. Le problème, c'est que ca marche pas trop mal pour une scène qui se divise bien en deux (du style une mer bleue turquoise, avec de beaux bateaux, un horizon dégagé, mais un ciel très lumineux qui va rendre l'image très plate. En mettant ce filtre, on va foncer le ciel, pour rééquilibrer l'exposition entre la mer plus sombre et le ciel, et éventuellement lui donner plus de matière...), mais pour des scènes plus compliquées (montagne, par exemple), c'est la cata: les sommets seront assombris alors que la partie basse sera claire... On peut imaginer l'appliquer à l'eau vive, tu mets la partie grise en bas (là où l'eau est blanche), le haut de ta scène (berges, paysage) ne sera pas corrigé. Le problème, c'est que ton kayakiste sera dans le sombre, et puis il apparaît peu probable que tu aies, en rivière, un horizon dégagé. L'effet du filtre risque donc de se voir, ce qui n'est vraiment pas top...
En vidéo, c'est beaucoup moins simple, car tu ne peux ni changer les caractéristiques de ta surface sensible (ton capteur est ce qu'il est), ni agir sur les paramètres d'exposition (vitesse et ouverture), a moins d'avoir du super matos très, très cher. La solution c'est de cadrer assez serré sur ton sujet, de façon à ce que la mesure de la lumière soit faite sur une scène relativement homogène côté luminosité... Il y a peut etre moyen de rattraper (en vidéo numérique), avec certains logiciels, les paramètres de contraste et de luminosité sur ta vidéo, mais il ne faut pas croire au miracle, si ton signal est saturé, le traitement ne redonnera pas de la matière où il n'y en a pas eu d'enregistrée...
Team Boule
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