Publié : dim. mars 24, 2002 00:13
Pour la première fois depuis plus de 50 ans le choix de ne pas produire de l'électricité a été pris par la direction de la CNR laissant partir l'équivalent de 1350Mégawattheures pour des considération strictement économique liées à des placement d'énergie non programmés par CNR.
Communiqué de Presse du 20 mars 2002.
Barrages ouverts sur le Rhône
Premiers effets néfastes de l'ouverture de concurrence sur le marché
électrique Français : La Compagnie Nationale du Rhône ouvre ses barrages,
gaspillant ainsi l'équivalent en énergie du fonctionnement d'une tranche
nucléaire pendant 1 heure.
C'est à 14h ce mercredi 20 mars que la Compagnie Nationale du Rhône a décidé
de baisser la production d'électricité sur le Rhône de l'ordre de 150
Mégawatts pendant neuf heures , suite à une modification de programme
énergétique. Cela s'est traduit par une perte d'énergie
de 1350 mégawatt-heures et le déversement par les barrages des mètres cubes
d'eau inutilisés.
Cette situation est inadmissible et démontre, seulement quelques mois après
la mise en place du " producteur indépendant ", les aberrations de l'
ouverture du marché de l'électricité en France et l'incohérence à laquelle
conduit l'obstination du gouvernement et des technocrates de BERCY à isoler
la Compagnie Nationale du Rhône du service public de l'électricité.
Il est désastreux, dans notre pays, de constater une telle perte d'énergie
renouvelable lorsqu'on connaît son faible coût de revient de production (de
l'ordre de 1 centime d'euros par kilowattheures).
Une semaine après le sommet de Barcelone cette situation vient démontrer
concrètement la nécessité de réviser les positions ultra-libérales qui
conduisent à des gâchis économiques sans précédents. La CGT réaffirme sa
position pour ce qui concerne l'énergie produite sur le Rhône et dans le
cadre des missions de services publics confiés à La Compagnie Nationale du
Rhône : d'intégrer sans délai la CNR dans un pôle public énergétique, afin
que de telles situations ne puissent se reproduire.
Le projet de rénovation du cahier des charges de la C.N.R est actuellement
en débat pour avis dans les Conseils Régionaux et Généraux riverains du
fleuve. Ce projet minimaliste présenté par les ministères de tutelles s'
appuie sur la nécessité de préserver l'équilibre financier de la concession
du Rhône. De nombreuses propositions, liées à l'amélioration et
développement du trafic fluvial ou à l'irrigation pour l'agriculture ne sont
pas retenues sous prétexte de représenter un manque " à gagner " sur l'
aspect énergétique (valorisation financière du mètre cube d'eau du Rhône).
Comment pourrait-on tourner le dos à des améliorations sur le fleuve dans le
cadre de l'intérêt général et dans le même temps accepter de tels gâchis d'
énergie ?
Eric Revolle