Décès de Roger VERDEGEN
Publié : lun. déc. 09, 2024 16:38
Je me permets de reproduire ici le message posté sur le groupe "rêves de Verdon" sur les réseaux sociaux
ADIEU CHER VERDONIEN
Les Verdoniens, c’est ainsi qu’il appelait ceux qui vivent dans les parages du Grand canyon ou qui, par passion, en ont fait le centre de leur existence. Lui en était un des plus fameux.
Roger Verdegen est mort à Marseille le 5 décembre, à 89 ans.
Né à Nice en 1935, coupé de sa famille, il porte, enfant, des messages pour la résistance. Malade, maltraité et abandonné au lendemain de la guerre, il exerce de multiples métiers loin de la France. Il revient se fixer à Grenoble où il devient professeur de gymnastique. Il survit à un accident de spéléologie et découvre le Verdon en 1968 (et non en 1966 comme on le lit parfois) et en devient très vite un très grand connaisseur, de ses secrets, de ses pièges, de sa beauté indicible. Etabli à La Palud, il le parcourt des années durant à bord d’un petit canot et le photographie en toutes saisons. Il se fait guide et entraîne, comme l’avait fait Isidore Blanc un demi-siècle plus tôt, des générations d’aventuriers amateurs dans l’exploration aquatique, en révélant ainsi tous les sortilèges. On lui doit une demi-douzaine de livres. Son Guide des gorges du Verdon paru en 1974 et son Guide intégral des routes et sentiers en 1984 continuent de constituer les compagnons indispensables pour les explorateurs infatigables. Mais le livre de sa vie est Extraordinaire Canyon et Merveilleux Verdon, en 1981, un livre superbement illustré et fruit de dix années de connaissance intime et d'exploration et de sauvetages très risqués souvent, justement récompensé du prix européen pour la protection de la nature et du prix Biguet de l’Académie française. Son tempérament unique, sans compromis, le pousse à livrer de rugueux combats pour la défense du Grand canyon, contre les projets d’aménagements hydroélectriques, les lignes haute tension qui ont hélas refleuri périodiquement ou contre les dérives d’un certain tourisme, n’hésitant pas à s’enchaîner avec quelques autres comme Patrick Edlinger pour empêcher les travaux engagés sur le sentier Blanc-Martel en 1992. Tous ceux qui comme moi ont eu la chance de pénétrer dans les lieux les plus secrets du Grand canyon et qui le considèrent non comme un parc de loisirs mais comme un lieu de respect sauvage et exigeant, savent ce qu’ils doivent à ce grand pionnier. Et continueront d’associer leur émerveillement sans cesse renouvelé à sa forte mémoire.
ADIEU CHER VERDONIEN
Les Verdoniens, c’est ainsi qu’il appelait ceux qui vivent dans les parages du Grand canyon ou qui, par passion, en ont fait le centre de leur existence. Lui en était un des plus fameux.
Roger Verdegen est mort à Marseille le 5 décembre, à 89 ans.
Né à Nice en 1935, coupé de sa famille, il porte, enfant, des messages pour la résistance. Malade, maltraité et abandonné au lendemain de la guerre, il exerce de multiples métiers loin de la France. Il revient se fixer à Grenoble où il devient professeur de gymnastique. Il survit à un accident de spéléologie et découvre le Verdon en 1968 (et non en 1966 comme on le lit parfois) et en devient très vite un très grand connaisseur, de ses secrets, de ses pièges, de sa beauté indicible. Etabli à La Palud, il le parcourt des années durant à bord d’un petit canot et le photographie en toutes saisons. Il se fait guide et entraîne, comme l’avait fait Isidore Blanc un demi-siècle plus tôt, des générations d’aventuriers amateurs dans l’exploration aquatique, en révélant ainsi tous les sortilèges. On lui doit une demi-douzaine de livres. Son Guide des gorges du Verdon paru en 1974 et son Guide intégral des routes et sentiers en 1984 continuent de constituer les compagnons indispensables pour les explorateurs infatigables. Mais le livre de sa vie est Extraordinaire Canyon et Merveilleux Verdon, en 1981, un livre superbement illustré et fruit de dix années de connaissance intime et d'exploration et de sauvetages très risqués souvent, justement récompensé du prix européen pour la protection de la nature et du prix Biguet de l’Académie française. Son tempérament unique, sans compromis, le pousse à livrer de rugueux combats pour la défense du Grand canyon, contre les projets d’aménagements hydroélectriques, les lignes haute tension qui ont hélas refleuri périodiquement ou contre les dérives d’un certain tourisme, n’hésitant pas à s’enchaîner avec quelques autres comme Patrick Edlinger pour empêcher les travaux engagés sur le sentier Blanc-Martel en 1992. Tous ceux qui comme moi ont eu la chance de pénétrer dans les lieux les plus secrets du Grand canyon et qui le considèrent non comme un parc de loisirs mais comme un lieu de respect sauvage et exigeant, savent ce qu’ils doivent à ce grand pionnier. Et continueront d’associer leur émerveillement sans cesse renouvelé à sa forte mémoire.