La thèse :
Je navigue aussi à l'envers (enfin pas dans le sens que Nidrey est en train d'imaginer), c'est à dire sur le siège avant. Sans pour autant me centrer parfaitement, je reste avec les fesses confortablement calées sur le banc en bois, n'ayant pas de prédisposition à la contorsion ou l'hyper-flexion des genoux.
A mon sens, le principal avantage de giter est de s'asseoir proche du plat bord sans avoir à écarter les bras sur le coté, gardant ainsi un manche bien vertical et efficace sans un grand coup en J puisque bien profond et proche de l'axe longitudinal. En restant à plat, avec ton poids centré, tu tends à pagayer en circulaires ce qui pénalise la direction et la propulsion, ou alors tu cherches la verticalité du coup de pagaie et cela sollicite tes bars qu'il faut d'autant plus désaxer que, assis au milieu, tu es là où la coque est la plus large. Et l'effet sur la direction est d'autant plus perceptible que... :
L'antithèse :
Mais ta question soulève un autre aspect auquel je pense mais pour lequel je n'ai pas tous les éléments de réponse... encore que je sens bien le "truc"...
Naviguant sur la tranche (terme utilisé en planche à voile à dérive

), la surface mouillée de la coque n'est plus de symétrie longitudinale donc cela aura un effet directeur qui tendra naturellement à tourner dans virage.
A mon avis, le couple qui apparait tend justement à faire tourner le C2 du coté de la gîte ce qui va contre balancer la mise en virage générée par le coup de pagaie. Je pense cela car :
* en naviguant à plat la traînée hydrodynamique est dans le plan longitudinal (plan médian). A vitesse constante, elle et le coup de pagaie créent un couple égal à l'intensité de la force du coup de pagaie (estimons 200 N) fois la distance entre le plan médian et le coup de pagaie (estimons 50 cm=0,5m avec 80cm de largeur de canot + 10 pour le passage de la pale) soit 100 Nm qui tendent à accélérer l'ensemble en rotation et qu'il faut contrer par un fin de coup de pagaie en J.
* sur la tranche, admettons que seule la moitié de la largeur de la coque ne soit mouillée, alors la traînée hydrodynamique se déplace du coté du coup de pagaie réduisant d'autant la distance entre les 2 forces qui s'opposent et réduisant donc d'autant l'accélération angulaire apparaissant. Et comme la tranche est plutôt verticale alors que le fond est horizontal, en s'inclinant la tranche qui s'enfonce plus offre plus de résistance. Si on estime à 1/3 de la demi largeur la position du centre de traînée, cela donne de l'ordre de (80/2/3 env 15 cm + 10 de passage de pale, soit 25 cm). Conclusion on divise par deux le couple qui atteint 50 Nm. Sachant qu'on agit sur l'accélération angulaire, l'effet est je pense d'autant plus important.
* on le ressent très bien en kayak lorsqu'équilibré, on pagaie assez vite et stabilisé en ligne droite sur l'élan acquis, on décide de gité d'un coté, spontanément un virage s'enclenche du coté de la gîte... CQFD !
La synthèse :
Avec un C2, on voyage souvent chargé, donc en plaçant le poids des bagages
(incluant la dame ou demoiselle qui bronzera, donc sans pagaier, la feignante, à l'avant
) sur le bord opposé au coté de ton bordé, tu peux naviguer à plat tout en restant assis sur ton banc contre le plat bord.
Allez, fin de la récréation, je retourne à mes moutons !
PS:friedrick semble en accord avec moi sur la verticalité du coup de pagaie, mais j'ai des doutes sur "la surface du bateau en contact avec l'eau étant moindre" car ton poids ne changeant pas, Archimède poussera toujours autant. Et plutôt que la surface mouillée, je pense que la surface frontale de la partie mouillée de carène et la plus importante (question de Cx)...