l'arreté est en piece jointe. voici un résumé avec d'autres infos :
Dès la constatation de mortalité de poissons dans la Loue mi avril, tous les services et établissements publics de l'État concernés ont été mobilisés. Ce phénomène a semblé se rapporter aux épisodes de même type constatés les années précédentes à la même saison et non attribués à une cause précise.
La Fédération de pêche du Doubs, suspectant une maladie liée aux piscicultures a informé les services de l'État qu'elle allait procéder à des prélèvements de poissons puis d'eau et de substrat (limon) sur les secteurs de Rurey, Lizine et Ornans pour analyses.
Après vérification, les services vétérinaires ont confirmé qu'aucun problème de mortalité lié à une maladie n'était à déplorer dans les exploitations piscicoles du secteur. L'ONEMA (Office National de l'Eau et des Milieux Aquatiques) a participé à la réalisation de ces prélèvements.
L'ONEMA a également réalisé d'autres prélèvements dans le Doubs franco-suisse où une mortalité de poissons a été signalée, bien que le phénomène semble de moindre ampleur que dans la Loue.
Le laboratoire d'analyses mandaté a indiqué le 6 mai que la mortalité des poissons était liée à la présence de cyanobactéries (algues bleues microscopiques). L'Agence Régionale de Santé (ARS) a demandé à la ville de Besançon de suspendre l'exploitation de l'usine d'eau potable de Chenecey-Buillon et de réaliser des prélèvements d'eau brute sur le site de captage. Les résultats de ces prélèvements effectués le 10 mai ont permis de lever tout doute sur sa potabilité.
L'ARS a autorisé la remise en service de cette installation le 14 mai. Les analyses sur les poissons, ont montré qu'ils sont morts d'infections, et d'affaiblissement général, qui pourraient résulter d'une intoxication par des cyanobactéries et des toxines produites par ces cyanobactéries. Cette présence de cyanobactéries a été confirmée sur les prélèvements effectués dans le milieu, en concentration modérée dans l'eau, mais plus importante sur le substrat prélevé au fond de la rivière.
Le 19 mai dernier, une réunion de tous les acteurs concernés s'est tenue en préfecture afin d'arrêter des préconisations et un plan d'actions. La découverte récente par l'ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage) d'un chevreuil mort aux abords de la Loue, a engendré de nouvelles analyses.
Les résultats, connus le 1er juin au soir, ont établi la présence de cyanobactéries ingérées par l'animal, laissant supposer une intoxication après ingestion de substrats algaux.
En concertation avec le Préfet, le Président du Conseil Général du Doubs a réuni le 21 mai l'ensemble des acteurs locaux concernés par ce dossier afin d'initier un échange global sur cette situation.
Après recueil de tous les avis nécessaires et sur le fondement des préconisations de l'AFSSA (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments), le Préfet du Doubs a décidé de prendre ce jour :
* un premier arrêté d'interdiction de consommation de toutes les espèces de poissons pêchés dans la rivière Loue depuis sa source jusqu'au barrage de Quingey. La pratique de la pêche reste autorisée mais avec l'obligation de remettre vivants à l'eau les poissons pêchés,
* un second arrêté interdisant l'utilisation de l'eau de la rivière Loue pour l'abreuvement du bétail.
Un dispositif de suivi, à l'instar de ce qui a été déjà été déployé dans le Tarn, régulièrement confronté à ce problème, a été mis en place. Il est basé sur des analyses régulières de l'eau et des substrats permettant d'assurer la gestion de ces mesures et la levée de l'interdiction dès que les conditions le permettront.
La baignade et les autres activités nautiques ne sont pas, pour l'instant, interdites, sauf sur des sites où l'interdiction est antérieure par arrêté municipal, pour des motifs de sécurité.
Il est cependant recommandé d'éviter d'ingérer de l'eau, de prendre une " douche soignée " après la baignade ou l'activité nautique et de nettoyer le matériel et les équipements de loisirs nautiques. Une attention particulière doit être apportée aux jeunes enfants afin qu'ils n'ingèrent pas de substrats algaux ou d'eau ni ne jouent dans des zones d'eau stagnante.
Il est également recommandé de ne pas laisser approcher les animaux domestiques au bord de la rivière.
La Loue a déjà connu de tels épisodes, dont certains assez importants (en 2003). Les conditions climatiques semblent, cette année, avoir créé une configuration particulièrement favorable à ce phénomène.
En effet, le développement des cyanobactéries est souvent dû à la conjonction d'un ensemble de facteurs tels que la lumière, la température, qui leur permettent de prendre l'avantage sur d'autres espèces de bactéries présentes dans le milieu.
En l'état actuel, la Loue reste un cours d'eau de bonne qualité, attestée par l'ensemble des données fournies par les réseaux de mesures existants.
L'ensemble des acteurs publics et privés réunis depuis plusieurs années autour du contrat de rivière et du SAGE (Schéma d'Aménagement et de Gestion des Eaux Haut-Doubs Haute-Loue) travaillent au maintien de cette qualité.
Au-delà de la gestion immédiate de l'événement, le Préfet en concertation avec le Président du Conseil Général du Doubs a décidé d'amplifier et d'accélérer la coopération existante. Un recensement précis des actions engagées par les services de l'Etat et du Conseil Général sur la Loue et des résultats obtenus est en cours et une analyse de l'environnement et du fonctionnement global de l'écosystème de la rivière devra permettre d'arrêter les mesures nécessaires.
Des réunions sous l'égide de l'État se tiendront très prochainement et de manière régulière pour s'assurer du bon déroulement du plan d'actions qui fera l'objet de communications périodiques.
personnellement, je ne suis pas prêt de mettre un orteil ni mon étrave dans cette rivière !!!!! j'ai annulé les encadrements que j'avais de prévu pour juin, en attendant d'autres analyses .