Page 1 sur 1

micro centrale sur le cors et l'ossése ariege

Publié : ven. avr. 02, 2010 13:39
par VAGUES
voila des infos sur le site de la pêche:
"La lettre d'information de la Fédération de l'Ariège de pêche et de
protection du milieu aquatique
| Cellule technique | Animation | Communication
[ Cellule technique ] Directeur : Laurent Garmendia
Chargé de missions Allan Yotte
Hydroélectricité : le cas de l'Alet


La réalisation du Plan de Gestion Piscicole Départemental a
permis, dans 2002, de donner à l'hydroélectricité le statut peu glorieux de
première ressource de perturbations des populations de truites du département.
L'hydroélectricité dont le principe de base est de produire de
l'énergie rapidement mobilisable À partir de l'énergie potentielle de l'eau
présente 2 visages : la Grande Hydroélectricité et la Petite
Hydroélectricité

Si, en dépit de points d'achoppements encore majeurs tels que les
transparences, les écluses et la valeurs du débit minimum biologique (le
débit laissé À la rivière À l'aval du barrage), nous pouvons qualifier
à˜â€™d’incontournable’’ le rôle de la Grande Hydroélectricité dans la
production énergétique française, il n'en va pas de même pour sa petite
soeur qui multiplie les barrages - balafres - sur nos cours d'eau pour de
petites productions dérisoires quand on les compare à l'unité à la Grande.
La densité de ces ouvrages sur nos portions de cours d'eau à forte
valeur halieutique et patrimoniale est telle qu'il n'existe plus dans notre
département de grande et moyenne rivière à truites qui ne soient pas
impactées par des barrages et des conduites forcées : à titre d'exemple, le
grand Salat entre la confluence avec la Garonne et la confluence avec l'Arac
contient 23 barrages, 38% de ce linéaire est en débit réservé c'est à dire
qu’on impose toute l’année dans la partie de rivière à l’aval du
barrage une valeur de débit qui n’est jamais rencontré naturellement !

Et quand bien même nous monterions en altitude, le challenge de
parcourir un cours d’eau vierge de centrales est très difficile à relever.
Entendons nous bien, il s’agit ici de cours d’eau de quelques mètres de
large et pas de tout petit ruisseaux qui ne concentrent pas les intérêts.

Oui, vous avez bien lu, le département de l’Ariège – terre
nature et sauvage par définition – ne possède quasiment plus de torrents
sauvages aux eaux libres ; un comble.

En cherchant bien, on finit par mettre en évidence ces raretés
dont 2 sur le haut bassin de l’Alet : le ruisseau des Cors et celui de
l’Ossèse qui donnent naissance à la rivière Alet.

Bien évidemment ces derniers sites vierges - notre patrimoine
commun - attirent toutes les convoitises des intérêts particuliers de telle
sorte qu’un projet de construction de microcentrale captant les 2 ruisseaux
dans leur partie la plus riche (en eau, en habitat et donc en faune aquatique) a
été autorisé. Un de plus.

Scandalisé par ce projet sur un des derniers sites préservés
contenant des espèces emblématiques tel que la truite fario de souche, le
desman, l’euprocte dans la partie supérieure, la Fédération par la voie de
son Conseil d’Administration a décidé, au même titre que des associations
de protection de l’environnement, d’attaquer au tribunal l’arrêté
d’autorisation de construction.

Actuellement en appel, le jugement devrait être rendu dans les
prochains mois.


Hydroélectricité : la centrale d'Eylie


Si la préservation des derniers sites vierges de microcentrale
concentre les efforts techniques (rédaction d’argumentaires, de contre
argumentaires) et financiers entre autres (frais d’avocat notamment), de la
Fédération, nous n’oublions pas la nécessité d’améliorer l’existant.

Lors du renouvellement de la concession de la centrale
hydroélectrique d’Eylie (haut bassin du Lez affluent en riche gauche du
Salat) – pour le coup de la grande hydroélectricité – nous avons obtenu
l’inscription au cahier des charges d’un article définissant les modalités
d’amélioration de la quantité de truites sur le tronçon soumis aux
éclusées (les eaux collectées en haute montagne sont alors conduites vers le
lac d’Araing qui, selon les besoins, peut envoyer 3 mètre cube par seconde
vers la centrale ; le Lez peut donc passer brusquement d’un débit de quelques
centaines de litres à plus de 3000 litres / s).

L’étude consiste à modéliser sur des tronçons bien définis
l’évolution de l’habitat en fonction du débit afin de mettre en évidence
si l’augmentation de la rugosité par de la dépose d’abris minéraux serait
suffisante pour, d’une part, ‘’briser’’ les fortes vitesses lors des
éclusées et, d’autre part, recréer de l’habitat favorable aux truites.

Dans le cas ou le modèle théorique montrerait l’intérêt de la
pose de blocs alors des aménagements seraient réalisés, couplés à des
suivis biologiques, afin d’en mesurer leur efficacité.

Si ce projet fédère de nombreux acteurs tels que l’ONEMA
(Service départemental du 09, le GHAPPE : Groupe d'Hydraulique appliquée aux
Aménagements Piscicoles et à la Protection de l'Environnement et des
ressources naturelles), EDF Production Hydraulique, le SPEMA 09 (Service de
Police de l’eau et des Milieux Aquatiques), la Fédération de Pêche et
l’AAPPMA de Sentein, c’est surtout parce que la site d’Eylie concentre la
problématique des éclusées de la Grande Hydroélectricité sur une rivière
d’un gabarit ‘’moyen’’ permettant des investigations de terrain bien
moins compliquées que sur les grandes rivières habituellement concernées.

La première phase de reconnaissance des 6km du tronçon a eu lieu,
la prochaine étape va consister à modéliser les conditions hydrauliques sur
les tronçons identifiés. A suivre…

[ contactez la Cellule Technique]