Page 1 sur 1

Publié : mer. juil. 18, 2007 21:56
par meck44
lu aujourd'hui dans "le Monde" :

La Savoie asséchée réfléchit à un juste partage de l'eau
LE MONDE | 18.07.07 | 15h52 • Mis à jour le 18.07.07 | 15h52
CHAMBÉRY CORRESPONDANTE
La Savoie verte et humide, où l'eau coule à profusion, pourrait n'être qu'un cliché de carte postale. Le début d'été pluvieux ne fait pas oublier les quatre années précédentes de déficit hydrique. De 700 mm d'eau par an, la haute vallée de la Maurienne est ainsi passée à 500 mm ces dernières années, selon la station météorologique de Chambéry-Voglans. La perspective de voir cette situation se reproduire, confirmée par les données sur le réchauffement climatique, alarme élus et professionnels du monde agricole. "On a vu des sources se tarir les deux derniers étés. On s'est rendu compte que l'eau pouvait venir à manquer et cela a bouleversé les esprits", témoigne Rozenn Hars, conseillère générale du canton de Lanslebourg-Mont-Cenis.


Selon un rapport du conseil général, présenté le 18 juin, en haute Maurienne, zone de production de l'AOC fromagère Beaufort, les rendements fourragers ont été divisés par un chiffre allant de 3 à 10 selon les secteurs. La survie de l'agriculture passe donc par l'augmentation des surfaces irriguées pour assurer la production de fourrage. Mais où prendre l'eau ? Sollicitée par le département, la chambre d'agriculture vient d'établir le premier état des lieux de la ressource en eau dans la haute vallée.

Sur 2 000 hectares de prairies en fond de vallée, les 350 hectares irrigués utilisent 650 000 m3 d'eau, une goutte en comparaison des 315 millions de m3 du lac du mont Cenis captés par EDF. En année sèche, pour pérenniser l'agriculture, il faudrait parvenir à irriguer 550 hectares.

"Il faut partager l'eau, explique Albert Tourt, agriculteur à Lanslebourg et vice-président de la chambre d'agriculture, et pour cela l'idée est de mettre tout le monde autour de la table : EDF, les communes et les stations qui utilisent les canons à neige." Ce constat est aussi celui de la vallée voisine de la Tarentaise, où un contrat de bassin versant est en préparation. "Ce qui est nouveau, précise Hervé Gaymard, député UMP et président de l'Association du pays de Tarentaise-Vanoise, c'est l'approche globale. Nous devons arrêter la fuite en avant dans la construction. C'est un suicide écologique."

NEIGE DE CULTURE

Les études sur l'état actuel des usages liés à l'eau en Tarentaise mettent en lumière les pressions exercées de tous côtés : la présence de 300 000 lits touristiques pour une population permanente de 50 000 habitants consomme près de 18 millions de m3, avec des pointes de prélèvement au coeur de l'hiver alors que les rivières sont à l'étiage.

Or les besoins d'eau des 22 stations de la vallée pour produire de la neige de culture pourraient atteindre 8 à 10 millions de m3 d'ici cinq à dix ans, "d'où les craintes d'un manque d'eau hivernal dans certains sous-bassins", souligne le rapport du conseil général.

Quant aux 18 aménagements EDF, parmi lesquels figure le barrage de Tignes, ils perturbent la moitié du réseau hydrographique principal. "Tout est lié, rappelle Albert Tourt, il faut voir le territoire de manière horizontale. Il y a une charte des bonnes pratiques à écrire." D'autant que le milieu naturel souffre aussi : des zones humides disparaissent, des torrents s'étiolent. L'eau est bien devenue une ressource économique surexploitée.
Nathalie Grynszpan

Publié : mer. juil. 18, 2007 23:03
par Ploof
Gloups !

[:(!]:evil:[:(!]:evil:[:(!][:(!]:evil:[:(!]

Publié : mer. juil. 18, 2007 23:12
par batomambo
Ce qui n'empêchera pas l'extension des projets immobiliers sur Arc 1600 et 1800, le développement des réseaux de neige de culture,
sans compter la retenue collinaire de 400000 m3 sur Arc 2000. A ce train, dans 10 ans, les Tarines boufferont de la bidoche lyophilisée en guise de fourrage.
Ce qui est désolant,c'est de voir le peu de cas que font les décideurs et les gestionnaires de stations de ski au regard des enjeux écologiques futurs. Course frénétique à l'augmentation du chiffre d'affaire, multiplication du nombre de lits, surenchère et spéculation immobilière ...bref, la fuite en avant !!!
En écrivant cela, je suis conscient de scier la branche sur laquelle je suis assis et de donner l'impression à certains de mes collègues
pisteurs secouristes de cracher dans la soupe. Il n'empêche !!!J'aime profondément cette région où je suis maintenant installé et la perspective de voir l'environnement se dégrader sur l'autel des prospectives à court terme m'amène souvent à pagayer à contre courant. Pour exemple, les réunions hivernales concernant notamment
le projet de retenue collinaire, réunions au court de laquelle nos
employeurs, par voie hiérarchique, nous ont " aimablement " invités
à consulter et à appuyer par notre signature l'adhésion à ce projet
en mettant dans la balance des " arguments chocs " comme la préservation des emplois existants, la nécessité de ne pas voir nos clients partir dans des stations " plus enneigées "
( artificiellement !!! ) ou la garantie de saisons plus longues. Allez donc alors contre - argumenter en proposant d'autres pistes,
tenant compte des autres saisons ( l'été, c'est peanuts comparé
à l'hiver !! ), de la nécessité de préserver l'authenticité du site, de développer d'autres centres d'intérêts, qu'ils soit sportifs ou culturels ( les stations de basse altitude ont commencé à y réfléchir depuis pas mal de temps ). et vous vous retrouvez isolé et
dans la peau de l'emmerdeur ou de l'écolo rêveur irresponsable.
Cela dit, mi juillet, l'herbe est encore bien verte dans nos alpages et les " bachals " coulent " beau drus " - c'est l'arbre qui cache la forêt- alors, pourquoi changerait-on quoi que ce soit à nos habitudes et voudrait-on freiner une telle promesse de prospérité ?


Publié : mer. juil. 18, 2007 23:33
par Gilles08
On l'a déjà lu ailleurs....
Mais c'est vraiment bien de faire remonter ce genre d'articles régulièrement !

Comme dans bon nombre d'autre régions, les nappes sont malades.
Même après une période humide, elles ne se remplissent plus !

Ce système est doté d'une inertie considérable...
Et notre consommation (au sens global) est supérieure à l'apport possible, même quand il pleut/neige...

Les nappes ne peuvent plus se remplir !
:(