Publié : lun. juin 20, 2005 19:38
Le Yakka, un kayak qui se plie en deux pour être aisément transportable
LE MONDE | 20.06.05
Voilà le genre d'invention qui aurait ravi Robert Dhéry et sa bande de Branquignols pour un gag supplémentaire dans le film Le Petit Baigneur : un bateau pliable. Pas une très grande embarcation évidemment, mais un vrai kayak. Bic Sport vient de commercialiser un modèle de 2,85 mètres de long transportable dans un coffre de voiture, sous l'appellation Yakka : du verlan, comme tout le monde l'aura compris.
On connaissait jusqu'ici les canoës gonflables, faciles à transporter. Certains avaient plus ou moins la forme de kayaks. Mais ils n'avaient en rien les performances des frêles esquifs des Esquimaux. La faute à une carène manquant de rigidité et ne pouvant pas reproduire un dessin de coque suffisamment sophistiqué pour optimiser les performances sur l'eau. Ainsi, les engins gonflables se trouvaient vite inadaptés pour descendre une rivière, s'amuser dans les remous ou dans les vagues en mer et à peine suffisants pour parcourir de courtes distances le long des rivages.
"Comme pour tous les sports d'eau, le grand public recherche aujourd'hui les sensations de glisse, explique Benoît Tréguilly, directeur du marketing chez Bic Sport. Il a été séduit par les images de kayak pendant les Jeux olympiques d'Athènes. Les Français y ont remporté de nombreuses médailles. Et il n'est plus question qu'il se contente de faire des ronds dans l'eau sur un engin un peu pataud."
Mais les kayaks en matière plastique sont lourds et encombrants. Et évidemment impossibles à stocker chez un citadin, alors que leur intérêt consiste à pouvoir être emmenés partout. C'est pourquoi Bic Sport a demandé au designer Antoine Fritsch de résoudre la quadrature du cercle.
"Je devais dessiner, raconte-t-il, un bateau relativement court afin qu'il soit suffisamment petit une fois plié, mais assez grand pour procurer une bonne glisse."
Sur une idée simple, la mise au point n'a pas été évidente.
Le choix a été fait de retenir les options techniques des bateaux à moteur semi-rigides. C'est-à-dire une coque en matière plastique couverte de boudins gonflables pour lui assurer la flottabilité sans l'alourdir.
Les deux parties de la carène sont finalement reliées entre elles par une poutre en aluminium. Celle-ci est rendue solidaire du fond par deux vis faciles à serrer avec des grosses molettes.
PLIÉ EN UNE SECONDE
La partie gonflable est cachée sous une jupe en grosse toile qui la protège et qui la rend solidaire de la coque. Une pompe est fournie avec le bateau, et les opérations de gonflage et de montage prennent moins de cinq minutes.
L'utilisateur se glisse au fond du bateau et s'appuie sur le dosseret gonflable. Celui-ci peut-être complété par un véritable dossier pour améliorer le confort. Trois paires d'encoches pour les pieds le rendent accessible aux adultes comme aux enfants à partir de 1,30 mètre. Un espace de rangement couvert d'une bâche transparente dans la partie arrière permet de transporter un bidon étanche.
Conçu pour rester stable, même sur une eau agitée, le Yakka surprend par sa vivacité. Deux coups de pagaie et il prend de la vitesse. Il tourne sur place comme les kayaks sportifs. Mais c'est évidemment en arrivant au bord qu'il montre sa différence. Les boudins dégonflés et la poutre centrale dévissée, il se plie en un clin d'oeil. Une petite roulette située sur la partie arrière et une poignée le transforment en grosse valise facile à tirer.
Le Yakka est également un pari industriel pour Bic Sport. "Nous avons vu le marché de la planche à voile s'effondrer ces dernières années pour passer de 85 % à 17 % de notre chiffre d'affaires, raconte Thierry Verneuil, le PDG de l'entreprise installée à Vannes dans le Morbihan.
"Le kayak est en vogue, mais il fallait apporter une innovation suffisamment spectaculaire pour nous imposer dans un domaine très concurrentiel. Nous avons donc misé sur l'aspect pratique."
Et le Yakka devrait avoir, en 2006, un grand frère, biplace lui.
Christophe de Chenay
Article paru dans l'édition du 21.06.05
LE MONDE | 20.06.05
Voilà le genre d'invention qui aurait ravi Robert Dhéry et sa bande de Branquignols pour un gag supplémentaire dans le film Le Petit Baigneur : un bateau pliable. Pas une très grande embarcation évidemment, mais un vrai kayak. Bic Sport vient de commercialiser un modèle de 2,85 mètres de long transportable dans un coffre de voiture, sous l'appellation Yakka : du verlan, comme tout le monde l'aura compris.
On connaissait jusqu'ici les canoës gonflables, faciles à transporter. Certains avaient plus ou moins la forme de kayaks. Mais ils n'avaient en rien les performances des frêles esquifs des Esquimaux. La faute à une carène manquant de rigidité et ne pouvant pas reproduire un dessin de coque suffisamment sophistiqué pour optimiser les performances sur l'eau. Ainsi, les engins gonflables se trouvaient vite inadaptés pour descendre une rivière, s'amuser dans les remous ou dans les vagues en mer et à peine suffisants pour parcourir de courtes distances le long des rivages.
"Comme pour tous les sports d'eau, le grand public recherche aujourd'hui les sensations de glisse, explique Benoît Tréguilly, directeur du marketing chez Bic Sport. Il a été séduit par les images de kayak pendant les Jeux olympiques d'Athènes. Les Français y ont remporté de nombreuses médailles. Et il n'est plus question qu'il se contente de faire des ronds dans l'eau sur un engin un peu pataud."
Mais les kayaks en matière plastique sont lourds et encombrants. Et évidemment impossibles à stocker chez un citadin, alors que leur intérêt consiste à pouvoir être emmenés partout. C'est pourquoi Bic Sport a demandé au designer Antoine Fritsch de résoudre la quadrature du cercle.
"Je devais dessiner, raconte-t-il, un bateau relativement court afin qu'il soit suffisamment petit une fois plié, mais assez grand pour procurer une bonne glisse."
Sur une idée simple, la mise au point n'a pas été évidente.
Le choix a été fait de retenir les options techniques des bateaux à moteur semi-rigides. C'est-à-dire une coque en matière plastique couverte de boudins gonflables pour lui assurer la flottabilité sans l'alourdir.
Les deux parties de la carène sont finalement reliées entre elles par une poutre en aluminium. Celle-ci est rendue solidaire du fond par deux vis faciles à serrer avec des grosses molettes.
PLIÉ EN UNE SECONDE
La partie gonflable est cachée sous une jupe en grosse toile qui la protège et qui la rend solidaire de la coque. Une pompe est fournie avec le bateau, et les opérations de gonflage et de montage prennent moins de cinq minutes.
L'utilisateur se glisse au fond du bateau et s'appuie sur le dosseret gonflable. Celui-ci peut-être complété par un véritable dossier pour améliorer le confort. Trois paires d'encoches pour les pieds le rendent accessible aux adultes comme aux enfants à partir de 1,30 mètre. Un espace de rangement couvert d'une bâche transparente dans la partie arrière permet de transporter un bidon étanche.
Conçu pour rester stable, même sur une eau agitée, le Yakka surprend par sa vivacité. Deux coups de pagaie et il prend de la vitesse. Il tourne sur place comme les kayaks sportifs. Mais c'est évidemment en arrivant au bord qu'il montre sa différence. Les boudins dégonflés et la poutre centrale dévissée, il se plie en un clin d'oeil. Une petite roulette située sur la partie arrière et une poignée le transforment en grosse valise facile à tirer.
Le Yakka est également un pari industriel pour Bic Sport. "Nous avons vu le marché de la planche à voile s'effondrer ces dernières années pour passer de 85 % à 17 % de notre chiffre d'affaires, raconte Thierry Verneuil, le PDG de l'entreprise installée à Vannes dans le Morbihan.
"Le kayak est en vogue, mais il fallait apporter une innovation suffisamment spectaculaire pour nous imposer dans un domaine très concurrentiel. Nous avons donc misé sur l'aspect pratique."
Et le Yakka devrait avoir, en 2006, un grand frère, biplace lui.
Christophe de Chenay
Article paru dans l'édition du 21.06.05