Ouest France(22) Actualité Sports
Édition du mercredi 03 octobre 2007
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Sébastien Combot savoure ses médailles décrochées au championnat du monde au Brésil, il y a dix jours. : Renaud Pelard
Canoë-kayak : Sébastien Combot : « J'ai envie d'aller à Pékin »
Interview. Champion du monde au Brésil il y a dix jours, le Lannionnais est venu passer quelques jours en famille en Bretagne. Rencontre.
Dix jours après votre titre, vous voilà « redescendu » sur terre ?
À vrai dire, c'est surtout en revenant à Lannion que je me rends compte de l'impact de ce titre... J'ai revu ma famille, mes amis. Ce sont eux qui me font réaliser. Mes parents sont très fiers ! Ça fait beaucoup de bien de rentrer à la maison. Vendredi soir, il va y avoir une réception à la mairie de Lannion, ça sera aussi l'occasion de revoir tous les gens du club.
Un titre de champion du monde plus un titre de vice-champion du monde par équipes, ce n'est pas rien... surtout pour une première année en équipe de France seniors.
Je prends ça très simplement. Pendant la compétition, je suis resté concentré sur mon objectif. La course par équipes avec Julien (Billaut) et Pierre (Bourliaud) où nous avons décroché la médaille d'argent m'a permis de me relâcher et de m'exprimer pleinement. On s'est bien éclaté. Ça a été un très bon tremplin pour les demi-finales individuelles après des qualifications où j'étais resté en contrôle. Le jour de la finale il y a eu ce petit « truc » en plus qui m'a permis de décrocher le titre. Je cherchais d'abord à bien naviguer et c'est ce que j'ai réussi à faire. Cette victoire, c'est aussi celle de l'équipe de France. On se poussait les uns les autres, il y avait un vrai phénomène d'émulation.
Finalement, ça paraît simple...
En amont il y avait aussi eu beaucoup de travail... Avec mon entraîneur, Vincent Redon, on avait notamment étudié les points qui n'allaient pas. Je sais que je peux aller vite mais je dois aussi éviter d'en faire de trop. J'avais donc beaucoup travaillé mon passage à zéro faute et je me suis concentré là-dessus. Je sais aussi que je dois encore gagner en puissance.
Ce titre de champion du monde vous ouvre désormais de nouvelles perspectives ?
C'est sur, je ne vais plus avoir le même statut. Jusque-là, j'étais le petit nouveau qui grimpait, qui venait d'intégrer l'équipe de France seniors. Dans ma tête, je garde cet état d'esprit. Au sein de l'équipe de France après avoir partagé tant de moments forts, ça ne va pas non plus changer. C'est plutôt au niveau de l'extérieur que je vais avoir une autre image. Ce titre va aussi m'ouvrir de nouvelles portes et me permettre de participer à des stages en Chine, en Australie... Finalement, ce titre m'apporte de la sérénité même si le plus dur reste à faire. C'est passionnant.
Vous voilà déjà les yeux rivés sur les jeux olympiques de Pékin, l'été prochain...
Je vais d'abord devoir apprendre beaucoup de ce nouveau monde, de cette nouvelle méthode de préparation. Jusqu'à présent, mon quotidien était surtout à Toulouse où je fais mes études et où je m'entraîne. Je vais sûrement aussi être sollicité en dehors du kayak. Il va falloir que je trouve le juste milieu. Ensuite, il y aura la sélection française en mars prochain pour désigner le kayakiste qui participera aux Jeux. Il va falloir être vite sur le pont. Initialement, mon objectif était les JO de 2012. Mais bien sûr, j'ai envie d'aller à Pékin ! Je ne me mets pas de pression particulière. Après, je sais que le niveau est très dense en France et qu'il faudra être prêt la bonne semaine. Mon titre de champion du monde me donne un avantage mais c'est tellement difficile que c'est loin d'être suffisant.
Les Jeux Olympiques, ça vous fait rêver ?
J'en ai pas mal parlé avec les Lannionnais Yann Le Pennec et Philippe Quémerais et Nagwa El Desouki. C'était avant mon titre de champion du monde et ça me paraissait encore loin... En équipe de France, on en a un peu parlé mais pas plus que ça. Maintenant, je vais garder ça dans un coin de ma tête mais sans m'endormir dessus... Le parcours d'un garçon comme Tony Estanguet est l'exemple à suivre.
Recueilli par
Céline GOURMELON.